Pourquoi jouons-nous ?

On pourrait aller chercher l'explication dans la psychologie Freudienne, invoquer la sociologie des Civilisations, l'Histoire avec un grand "ach", ou même dessiner un cercle démonique par terre et demander l'avis de l'au-delà. La preuve ici : http://bit.ly/1zGji2y (à partir de 15:00).

Un peu de bio

Merci, Démon. En gros, quand on ingère un aliment addictif (sucre, chocolat, les nems du chinois d'en face...), notre cerveau reçoit un signal qui enclenche la sécrétion d'une hormone : la dopamine. Celle-ci s'insère dans un circuit qu'on appelle celui de la récompense, et on n'a plus qu'à se sentir envahi d'un bien-être inexplicable pour recommencer l'action. C'est la même chose qui se passe lors de l'orgasme, ou, pour parler à la majorité de nos lecteurs de manière réaliste, quand on est gratifiés d'avoir aligné quatre bonbons de la même couleur dans Candy Crush.

Platon avait tout compris

Il disait : "On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation". Vous avez deux heures. Tout ça se base sur des mécaniques que nous commençons à entrevoir grâce aux jeux. L'industrie des jeux l'a bien remarqué : notre addiction pour ceux-ci surpasse notre raison. Elle fait partie de notre nature. Quelle nature ? Certainement pas humaine en tout cas. Puisque les animaux jouent eux aussi. C'est beaucoup plus profond que ça. C'est ancré en chaque animal. Nous en avons besoin. Ainsi, la question n'est pas "Pourquoi jouons-nous ?" mais "Pourquoi avons-nous besoin de jouer ?"

Une partie de la réponse, je pense, se trouve dans la communauté. Chaque animal qui joue est un être social. Et c'est ensemble qu'on est plus forts dans la vie en général. Tout seul, notre vie n'a aucun sens. Nous pouvons trouver de la complaisance dans la solitude bien évidemment, mais nous ressentons tous le besoin à un moment ou à un autre d'être connectés. Et peu importe avec quoi, du moment que ça nous fait du bien. Les jeux sont donc un terrain d'entraînement pour la vie réelle. Remémorez-vous les enfants qui jouent aux flics et aux voleurs. Le jeu d'échecs. Le peek-a-boo...

"Et les jeux solo ?!" me direz-vous. Pas tant que ça au final. Vous avez un avatar qui vous représente sur un terrain certes artificiel, mais qui vous procure exactement les mêmes sensations que vous pourriez éprouver dans la vie réelle. Tristesse en voyant un personnage mourir, implication dans un conflit, joie d'avoir réussi à battre un boss, émerveillement quand vous découvrez une partie de la map inexplorée, déception quand la fin ou le déroulement de l'histoire n'est pas à la hauteur, frustration à cause d'un obstacle trop gros à franchir, amour pour un univers dans lequel vous êtes entré sans savoir à quoi vous attendre. Des fois on y est tellement qu'on ne veut pas en sortir. Heureusement que les produits dérivés sont là ! Les fans groupes, les rassemblements, les événements grandeur nature...

Alors, Han, solo ?

Avec l'essor des nouvelles technologies et autres systèmes de réalité virtuelle, nous avançons vers une ère dédiée aux jeux. Le serious gaming, casual gaming, les jeux audio, les jeux dans les villes, même les musées s'y mettent pour nous cultiver. On acquiert des compétences certaines en jouant. Encore reste-t-il à savoir faire la part des choses, mais entre notre nature et notre égo, qui gagnera la bataille ? En tout cas, une chose est sûre : le jeu est salvateur. Qu'il soit en groupe, solo, imaginaire, écrit sur un bout de papier ou rendu dans nos écrans, continuons à en inventer et à s'émerveiller de notre capacité intarissable à apprendre. Puis-qu’après tout, le fun, c'est aussi du sérieux.